Les Franconi à l'Opéra

La cavalerie du Cirque Olympique, comme celle de l'Astley's à Londres est régulièrement sollicitée pour animer des pièces présentées par les théâtres privilégiés. Les Franconi paraissent à l'Opéra dès 1810, dans Persée et Andromède*. Un courrier des Frères Franconi, adressé au journaliste Villenave, rédacteur aux Annales politiques, morales et littéraires montre qu'ils interviennent à plusieurs reprises en 1817 à l'Opéra pour assurer les cavalcades de Fernand Cortez. Cette pièce est l'un des grands succès de l'Opéra, régulièrement (re)programmé. On comprend d'ailleurs à la lecture de cette missive combien les programmations sont aléatoires et peuvent changer de la veille pour le lendemain, ce qui, forcément impacte implicitement le déroulé des soirées du Cirque Olympique, d'où la demande des Franconi pour que, le cas échéant, l'espace alloué à leur spectacle dans le journal leur soit réservée afin d'annoncer leur programme du jour. 

 

Près de dix ans plus tard, lorsqu'un incendie ravage leur établissement et qu'ils sont alors contraints de se tourner vers d'autres scènes, ils rejouent dans la même pièce, durant plusieurs représentations. La première de celles-ci, le 6 mai, est vouée à leur bénéfice et la recette atteint 16 446 francs nets, le double voire le triple des recettes habituelles du mois de mai pour l'Opéra, signe de l'affluence et du succès tant pour soutenir les deux frères dans l'épreuve qu'il traverse qu'envers la pièce. Les Franconi paraissent dans Fernand Cortez (6, 10, 15 et 21 mai), dans La Chasse du Jeune Henri (toutes les représentations), dans Cendrillon (6 mai) et dans La Belle au Bois Dormant (17 mai) ainsi que dans Le Rossignol du duc de Vendôme (12 mai) où figurent des tableaux équestres*. 

A Londres, à la même époque Andrew Ducrow, est également convié à se produire à Covent Garden, en novembre 1823, dans Cortez or the Conquest of Mexico.

Depuis le succès de The Blood Red Knight, or the Fatal Bridge, présenté en 1811 à l'Astley's et dont le succès a été rententissant, les théâtres privilégiés londonien s'emparent de la théâtralité équestre afin d'accentuer les effets de leurs drames orientalisants ou illustrant les conquêtes impérialistes de la Grande-Bretagne. En 1851, un document atteste que Drury Lane présente même des exercices de voltige sur une piste, illustrant combien le succès des numéros équestres irrigue les programmations au-delà des murs des cirques.

Chaillou D. Napoléon et l'Opéra, Fayard, 2004, p. 287.

**AN.AJ13.145 : Décompte de la position revenant aux Sieurs Franconi, Ecuyers sur le produit des représentations auxquelles ils ont coopéré (du 6 mai au 21 mai 1826) et  Feuille de recette générale, 6 mai 1826, Représentation au bénéfice de MM. Franconi, Fernand Cortez et 2e acte de Cendrillon, 6 mai 1826.

Lettres des Frères FRANCONI 

écrites à VILLENAVE, journaliste aux Annales.

ADP.DE1 Papiers Villenave, carton 18

 

Lettre 1 - Non datée

"Nous saluons bien Monsieur Villenave et le prions comme nous allons jouer sous peu Robert le Diable* devouloir bien nous faire insérer la note ci-jointe en y faisant toutefois le changement qu'il jugera convenable et obligé à vos Serviteurs, Franconi Frères."

 

 

Lettre 2 - 27 mai 1817

Monsieur, Comme nous allons faire le service à l'opéra pour Fernand Cortez, et qu'il arrive souvent, comme vous savez, que la pièce annoncée la Veille, n'est pas celle qui est jouée le lendemain, nous sommes convenu avec l'administration que nous attendrions, pour l'envoi de nos Bulletins particuliers aux Journaux, qu'elle nous fit prévenir du spectacle fixé pour le lendemain. Mais comme elle ne pourra nous prévenir que la veille à six heures du soir nous vous prions de nous faire conserver notre place dans votre Journal , nos Bulletins ne pouvant, dans ce cas, vous parvenir  qu'à huit heures. Ce retard n'aura lieu que la Veille des jours où l'on donnera Fernand Cortez.

Nous réclamons de vous cette Complaisance. Le désir d'être utile à l'académie royale de musique nous force à ce dérangement, à ce sacrifice même : car nous serons obligés de faire relâche à notre théâtre.

Nous avons l'honneur de vous saluer avec Considération…Franconi Frères.

 

 

Lettre 3 - 4 octobre 1817

Nous avons l'honneur de Saluer Monsieur Villenave et de lui adresser nos sincères remerciements pour le bienveillant article qu'il a bien voulu nous consacrer, ces marques d'intérêts et son obligeance nous sont des garants de l'intérêt qu'il veut bien prendre à notre établissement. Nous osons espérer qu'il daigne à nous le continuer toutes les fois que nous serons assez heureux pour lui être agréables et veut disposer de nous. Notre empressement répondra toujours à ces bontés.

Veuillez agréer les salutations de vos serviteurs…Franconi Frères.

*Pantomime présentée pour la première fois au Cirque Olympique, le 23 novembre 1815 et dont le titre complet est Robert le Diable ou le Criminel repentant.

 

Les Franconi dans Fernand Cortez

Affiche de l'Opéra, 6 mai 1826

Fernand_Cortez_à_l'Opéra_avec_les_Franco

Equitation et major theatres à Londres

Ducrow et Drury Lane

French equestrian performers at Drury La
Poster St George and the dragon Ducrow a

© Caroline Hodak, 2018

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